Témoignages des Beatles et de célébrités
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Le point essentiel, c'est que nous sommes la chanson. Le moi provient d'un état de pure conscience, de l'être

Tomorrow Never Knows - Explication des paroles (p209-210)

JOHN LENNON : L'expression « tomorrow never knows », c'était une autre trouvaille de Ringo. J'avais trouvé un titre provisoire parce que j'étais un peu gêné par les paroles. C'est pourquoi j'ai choisi un des pataquès de Ringo, un truc à la « a hard day's night » pour contrebalancer le côté sérieux et philosophique des paroles.

GEORGE HARRISON : Récemment, je me suis posé la question de savoir pourquoi c'était censé provenir du Livre des morts tibétain. Je pense que c'était davantage inspiré du livre de Timothy Leary intitulé L’Expérience psychédélique. Les paroles sont l'essence même du Transcendaritilisme.
   On peut écouter souvent - et je croîs que c'est le cas de la plupart des fans des Beatles — « Tomorrow Never Knows » sans vraiment comprendre de quoi il est question. À la base, ça explique ce qu'est la méditation. Le but de la méditation, c'est d’aller au-delà (c'est-à-dire transcender) de l’éveil, du sommeil et du rêve. C’est pourquoi la chanson commence par : « Turn off your mind, relax and float downstream, it is not dying. »

La chanson parle donc de la transcendance et de la qualité de cette transcendance

GEORGE HARRISON : Et puis ça dit : « Lay down all thoughts, surrender to the void – it is shining. That you may see the meaning of within – it is being. » Depuis notre naissance iusqu’à notre mort, nous ne faisons que penser : nous pensons une chose, puis une autre et encore une autre. Même quand nous dormons nous faisons des rêves, si bien qu'entre notre naissance et notre mort, il n’y a pas un seul moment durant lequel notre esprit est en repos. Mais on peut débrancher son esprit et aller vers cet endroit que Maharishi décrivait ainsi : « Où était votre dernière pensée avant que vous la pensiez ? »

 Le point essentiel, c'est que nous sommes la chanson. Le moi provient d'un état de pure conscience, de l'être 

Le point essentiel, c'est que nous sommes la chanson. Le moi provient d'un état de pure conscience, de l’être. Tout ce qui survient en sus au cours de la manifestation extérieure du monde physique (y compris les fluctuations qui se transforment en pensée et en actions) n’est que du superflu. La vraie nature de chaque âme, c’est la pure conscience. La chanson parle donc de la transcendance et de la qualité de cette transcendance.
Je ne suis pas certain que John ait totalement compris ce qu'il disait. Il a réalisé qu'il touchait à quelque chose quand il a vu ces mots et en a fait une chanson, mais il n'a peut-être pas fait l’expérience de ce qu'il chantait. Je ne sais pas s'il a totalement compris.

MAHARISHI: "Il faut s'asseoir en méditation prêt à tout perdre. Quand la conscience des objets extérieurs commence à être perdu, il ne faut pas commencer à pleurer leur perte. Le yogi, quand il commence la méditation, ne devrait pas essayer de s'accrocher à quelque chose. Avec un esprit libre, il doit aller à l'Être et être, éveillé en lui-même, perdu pour le monde."
The Beatles « The Beatles Anthology », Seuil, Octobre 2000, pages 209-210